L’édito de GNU/Linux Magazine n°198 !

Ce mois-ci je vais revenir sur un sujet déjà abordé à de nombreuses reprises dans mes éditos : la qualité des sites internet. Nous sommes en 2016 (pratiquement en 2017) et il est encore possible d’avoir à utiliser des sites défiant toutes les règles de base de l’ergonomie ou même, pour être plus précis, qui sont mis en production alors qu’ils sont en phase de test. Je ne vais pas vous parler du blog culinaire de tel ou tel amateur, mais d’un véritable site, payé avec des fonds publics. Qu’un amateur ne soit pas au fait des aspects techniques ou juridiques peut être excusé… mais pas une entreprise professionnelle payée par une institution !

Pour ancrer mon propos dans la réalité, sachez donc qu’un beau jour, mon épouse, souhaitant acheter des billets pour un musée m’appelle à la rescousse : impossible de finaliser la commande. Je m’installe donc devant l’ordinateur et là… horreur ! Je me trouve face à la page d’authentification précédant normalement le paiement, mais dont le contenu ne correspond pas du tout puisque l’on me demande de « Choisir ma visite ». Il y a de quoi se poser des questions ! Je vérifie donc mon panier qui contient bien les tickets et je tente à nouveau de valider la commande… en vain. Je peux même admirer de multiples affichages de « Thème désactivé temporairement » ou encore, « Test expo ». Cela soulève deux problèmes :

▪  l’image de la ville renvoyée par le site : ouvert depuis juin 2013, ce musée possède une magnifique architecture très travaillée ; on aurait pu espérer un site internet dont justement l’architecture ait été d’une meilleure qualité et ne pas avoir à subir des pages de test !

▪  l’absence de mentions légales : en suivant la philosophie du logiciel libre, je me suis dit qu’il me fallait signaler les erreurs pour qu’elles soient corrigées et j’ai recherché quelle entreprise avait obtenu le marché. Ma recherche s’est avérée infructueuse pour cause d’absence de mentions légales… Pour rappel, dans le respect de la loi, celles-ci doivent être obligatoirement présentes et indiquer notamment la raison sociale, la forme juridique, le nom du responsable de la publication, les coordonnées de l’hébergeur du site, etc. Vous pourrez consulter pour une liste non exhaustive la page [1] rappelant de plus que « Le manquement à l’une de ces obligations peut être sanctionné jusqu’à un an d’emprisonnement, 75 000 € d’amende pour les personnes physiques et 375 000 € pour les personnes morales ». Nous sommes donc en présence d’un grand musée national qui a dépensé de l’argent public pour la réalisation d’un site web non fonctionnel et qui ne respecte même pas la législation en vigueur…

Ces problèmes aboutissent à un constat désolant : celui d’un musée national ayant sollicité beaucoup de ressources pour penser un contenu, mais qui bénéficie d’un site internet plus proche d’un projet en cours de développement que d’une réelle plateforme, jolie vitrine du travail des conservateurs de ce dit musée.

Comme l’aurait dit Philippe Meyer : « Nous vivons une époque moderne, le progrès fait rââââge !!! ».

[1] Site officiel de l’Administration Française, « Quelles sont les mentions légales sur un site ? » : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31228

Tristan Colombo