L’édito de GNU/Linux Magazine n°190 !

Je vais revenir ce mois-ci sur un problème récurrent : l’ergonomie et l’utilisabilité des interfaces Web. De plus en plus de services sont proposés en ligne et c’est à se demander si leurs concepteurs les utilisent ou les ont seulement testés. Dans les dernières pages qu’il m’ait été donné de tester, on peut trouver :

  • un formulaire qui disparaît à la validation lorsque l’un des champs contient une entrée incorrecte ;
  • un formulaire dont l’ascenseur se trouve intégré à la page de façon tellement esthétique qu’il est invisible : on ne sait donc pas comment accéder au bas du formulaire et au bouton de validation ;
  • des messages sur un site marchand (plutôt connu) où, sous prétexte de convivialité, les concepteurs ont glissé un peu d’ « humour » : « Et hop ! C’est dans votre panier ! » ou encore « Veuillez patienter, la page suivante va se charger automatiquement… ou pas 🙂 ». Et bien en tant que client je ferai pareil : je reviendrai… ou pas !
  • un panier qui indique qu’il contient un article alors que tous les articles ont été supprimés ;
  • un bouton « page suivante » qui renvoie sur la page d’accueil ;
  • un formulaire de contact qui, une fois connecté et donc identifié, redemande à l’utilisateur de saisir ses nom, prénom, adresse, numéro de client, etc. Faire une requête dans la base de données est sans doute trop compliqué !
  • j’ai gardé le meilleur pour la fin avec un formulaire contenant un champ obligatoire sous la forme de boutons radio… et dont tous les boutons sont désactivés ! Je dois faire partie des quelques personnes en France ayant pu valider le formulaire en l’éditant et en modifiant les lignes <input type= »radio » disabled= »disabled » …>.

Ce formulaire n’est pas censé s’adresser aux seuls informaticiens, mais peut-être s’agit-il d’un test caché ? Comment tout cela est possible ? Comment ces erreurs de conception peuvent-elles perdurer ? Pourquoi continuer d’accepter de tels agissements de la part de certains développeurs ? Si votre garagiste répare votre voiture et vous explique que pour démarrer il faudra dorénavant tourner trois fois sur vous-même avant d’ouvrir le capot, ajouter un peu d’huile, faire tourner le moteur deux minutes puis l’éteindre avant de redémarrer… est-ce que vous trouverez ça normal ? Certes non, pourtant nous n’avons pas tous des connaissances en mécanique auto. Alors pourquoi en informatique trouve-t-on normal d’avoir des programmes qui fonctionnent « à peu près » ou que les clients se voient proposer des solutions abracadabrantesques de contournement des problèmes ? Le logiciel libre est un début de réponse, mais n’est plus suffisant : de nombreuses entreprises surfent sur l’ « open source », détournant à leur profit le système économique du logiciel libre en produisant des logiciels au code obscur et non documenté de manière à pouvoir revendre par la suite des formations ou de nouveaux développements.

Il n’y aurait donc aucune solution ? Si ! Râler comme on le ferait avec notre garagiste… et continuer à lire et faire lire GNU/Linux Magazine pour acquérir de nouveaux savoirs 🙂

Tristan Colombo

3 commentaires sur “L’édito de GNU/Linux Magazine n°190 !

  1. Bonjour,

    L’article sur la génération sonore est superbe ! Est ce qu’il serait possible d’avoir accès au fichier source ? (le dépôt github ne semble pas être en ligne) J’ai vraiment hâte de pouvoir étudier ça !

    D’avance merci !

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