L’édito de GNU/Linux Magazine n°188 !

L’informatique est là pour nous simplifier le quotidien et nous pouvons justement nous en rendre compte tous les jours. Vous en voulez une preuve ? Prenons un exemple fort simple : votre lieu d’habitation est identifié à l’aide d’une adresse unique ; suivant où vous habitez cette adresse peut être plus ou moins longue, avec ou sans complément. Quelle joie donc lorsqu’une interface vous propose de compléter automatiquement votre adresse ! Il suffit d’indiquer le code postal, de cliquer sur le type de voie et… et parfois votre rue n’est pas répertoriée. Si vous habitez dans une grande ville, à cheval sur deux arrondissements, votre adresse postale ne sera pas forcément reconnue automatiquement. Pour le service que vous utilisez, vous serez domicilié dans l’arrondissement A et pour la poste dans l’arrondissement B. Et si, cerise sur le gâteau, on vous interdit d’ajouter un complément d’adresse… vous ne recevrez jamais votre courrier !

La reconnaissance automatique d’adresse n’est pas en cause : il s’agit d’une aide à la saisie et cela devrait être considéré comme tel. Le problème se situe au niveau des concepteurs de ces services qui n’arrivent pas à imaginer que l’utilisateur puisse avoir à corriger des données et qui lui interdisent donc de le faire. Sur une page Web, pour ceux qui le peuvent, il suffira parfois d’un peu de hacking pour forcer la saisie (pas toujours, car parfois lesdits développeurs ont quand même des notions de base en sécurité… ou ils utilisent des frameworks qui gèrent cela pour eux). Mais lorsque l’on doit remplir un document papier (oui, ça existe encore) et que la saisie est faite par une autre personne dans un service administratif, il n’y aura aucun moyen de tenter une correction… Donc la reconnaissance automatique c’est bien, mais tant que ce n’est pas fiable à 100% il faut laisser la possibilité à l’utilisateur de corriger les données !

Pour la reconnaissance vocale, le problème est identique : est-ce que vous allez supposer que la traduction textuelle réalisée par la machine est toujours correcte ? Est-ce que cela vous viendrait à l’idée de dicter un texte (ou une phrase, restons réalistes) sans le relire avant de vous en servir ? Non, bien sûr ! Eh bien nous vous proposons de tester tout cela ce mois-ci en mettant en place vos propres solutions de reconnaissance textuelle ou vocale. Bien que certains moteurs STT (Speech To Text) soient plus performants que d’autres, il faut garder à l’esprit qu’ils ne sont pas infaillibles et permettre là encore à l’utilisateur d’avoir le dernier mot…

En parlant de dernier mot, les miens seront pour ce mois-ci de vous souhaiter une excellente lecture !

Tristan Colombo