L’édito de GNU/Linux Magazine n°181 !

De jour en jour la quantité de données

que nous collectons augmente. Ces données

il faut les stocker, ce qui occupe

forcément un espace physique non négligeable.

Plus la quantité de données croît, plus il

faut d’espace pour les stocker, c’est logique.

Mais que se passe-t-il si l’espace de stockage

ne croît pas suffisamment vite ? Il me vient à

l’esprit une image couramment employée pour montrer

l’expansion de l’Univers et qui peut s’appliquer ici.

La question de départ est la suivante : pourquoi ne fait-il

pas jour tout le temps puisque les étoiles emplissent

l’Univers de lumière ? Ceci s’explique par l’expansion de

l’Univers : si nous prenons un robinet qui coule à débit

constant pour remplir une baignoire, mais que cette baignoire

grossit sans cesse, l’eau ne pourra jamais la remplir et

déborder. L’eau représente la lumière et la baignoire

l’Univers : l’Univers étant en expansion, la lumière émise ne

pourra jamais le remplir. Dans le cas des données, on peut se

dire que l’on se retrouve dans la même situation : la quantité

de données acquise croît, mais dans le même temps les capacités

de stockage croissent encore plus vite… (sinon Google aurait

de gros problèmes avec Gmail). Mais à force de stocker tout et

n’importe quoi, de ne plus faire le ménage dans nos données et

d’en collecter toujours plus de manière automatisée, ne va-t-il pas

arriver un moment où notre capacité de stockage nous fera défaut ?

Nos smartphones ont des capteurs de plus en plus performants et,

sans modification des paramètres comme le font la plupart des gens,

il faut être en possession d’un volume de mémoire assez conséquent

pour conserver des « photos ». Heureusement que ces dernières utilisent

un format compressé, un format qui nécessite un

traitement avant de pouvoir être archivé,

de manière à occuper le moins

de place possible.

Une fois

compressées, il faut

passer par une étape de

décompression, les données n’étant pas

lisibles en l’état. Ce mois-ci vous pourrez expérimenter

différents algorithmes de compression pour en disséquer le

fonctionnement et adapter éventuellement l’un d’entre eux aux

données que vous manipulez et ne plus dépendre exclusivement

de l’expansion de l’espace de stockage.

J’espère que vous aurez noté que, pour la première fois, cet

édito aura revêtu la forme d’un calligramme ! Un poisson aurait

sans doute été de mise en ce mois d’avril, mais un poisson

compressé n’aurait pas été du meilleur effet en première page…

Tristan Colombo