L’édito de GNU/Linux Magazine n°232 !

La démocratisation des smartphones 4G et le développement de l’ADSL et de la fibre optique ont permis de faciliter l’accès à Internet. Désormais, pratiquement où que l’on soit, il est possible de se connecter au réseau dans de bonnes conditions, de consulter des pages web et d’avoir ainsi accès à des tonnes d’informations. C’est pratique, cela permet de travailler beaucoup plus vite, mais cela présente également quelques inconvénients…

Devant la masse de données, certains ont tendance à « baisser les bras » et on retrouve de plus en plus souvent des informations non vérifiées, partielles, voire complètement erronées sur des sites censés être fiables. Par effet boule de neige ces informations sont ensuite relayées via les différents réseaux sociaux que sont Twitter, Facebook et autres et gagnent ainsi leurs galons de véracité aux yeux du grand public : « si tout le monde le dit, c’est que c’est vrai ».

Autre phénomène : devant la multiplication d’hoaxes tous plus gros les uns que les autres, même les gens avertis finissent par ne plus vérifier l’information et la propagent d’autant plus facilement que l’information en question abondera dans le sens de leurs convictions. Pourtant, généralement quelques secondes suffisent pour faire éclater la vérité : une recherche sur https://hoaxbuster.com/ et le tour est joué ! En effet, ces canulars circulent pour la plupart sur la toile depuis des années et ont bien été identifiés.

Ces hoaxes ne sont pas nécessairement réalisés de manière pernicieuse : tout le monde peut écrire ce qu’il veut et propager ainsi des informations non valides. Cet été par exemple un agriculteur a malencontreusement déversé sur ses terres en Camargue un mélange noirâtre [1]. Aussitôt les réseaux sociaux se sont emballés, dénonçant une immonde pollution dans un parc protégé ! Alors bien entendu, si c’est noir, c’est que c’est malsain, ça représente les ténèbres voire le diable (si en plus on avait pu en mesurer la radioactivité, ça aurait été encore mieux) ! Il se trouve qu’en fait il s’agissait de « jus de cave », un mélange de jus de raisin et de compost, quelque chose de tout à fait naturel. Mais le mal ayant été fait, les tentatives de « rétro-pédalage » tardives ne peuvent pas venir corriger la vision du plus grand nombre des internautes ayant vu l’information initiale et qui ne liront pas le rectificatif. Il est facile d’agir avant de réfléchir, surtout lorsque l’on fait partie de la masse…

Pour aller plus loin, l’information précédente est issue d’un journal national et je devrais donc la considérer comme véridique, d’autant plus qu’elle sert mon propos… Pourtant des zones d’ombre subsistent :

– une recherche d’image se basant sur l’article ne donne qu’un seul lien : l’article lui-même ;

– une recherche de discussion sur le sujet ou d’une référence quelconque (image ou vidéo) ne donne aucun résultat.

Il s’agit donc sans doute d’un groupe à accès restreint, mais du coup, il est impossible de vérifier l’information et je propage peut-être un hoax tout simplement, car l’information va dans le sens qui m’arrange. Ici cet exemple nous montre que même sur une information a priori sans enjeu particulier, lorsque les sources ne sont pas clairement mises à disposition, il est intéressant de s’interroger quelque peu.

Pouvoir communiquer, transmettre simplement des informations à des milliers de personnes est fort séduisant. Pourtant, à bien y regarder, on s’aperçoit que les réseaux sociaux servent majoritairement d’espace de critique non constructive. Avez-vous déjà envisagé de féliciter un SAV sur Twitter pour leur réponse rapide et satisfaisante ? Il est toujours plus simple de critiquer, la preuve en est… cet édito 🙂

[1] https://www.laprovence.com/article/societe/5659881/emballement-autour-dun-epandage-de-compost-en-camargue.html

Tristan Colombo


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