L’édito de GNU/Linux Magazine n°228 !

Au début, il n’y avait rien. Puis le Big Bang, les étoiles, les planètes, notre planète, les bactéries, les invertébrés, les vertébrés, les dinosaures, les mammifères et enfin, les humains. Les Hommes se sont développés en exploitant leur environnement : dans un premier temps, sans réel impact sur celui-ci puis, dans un second temps, en laissant des traces indélébiles de leur passage : exploitation de ressources non renouvelables, pollution atmosphérique, etc. Les Hommes préhistoriques [1] laissaient des traces de leur passage en peignant les murs des grottes, l’homme moderne préfère laisser derrière lui des immondices ; jusque dans l’espace où nombre de débris de satellites et fusées sont en orbite autour de la Terre [2].

Mais tout cela ne se limite pas à des espaces physiques, il en va de même pour les espaces virtuels qui impactent par la suite notre environnement. Les services de Google, par exemple, qui sont si pratiques à utiliser :

– Gmail stocke vos mails sans que vous ayez à faire le ménage ;

– Google Photo stocke vos photos (automatiquement si vous n’avez pas modifié les paramètres par défaut) et Apple n’est pas en reste avec Photos pour iOS ;

– La barre de recherche sur les smartphones permettant à une bonne majorité d’utilisateur de ne plus taper directement une URL connue, mais d’effectuer une recherche avant de cliquer sur un lien qu’il connaissait déjà ;

– L’assistant vocal Google Home (ou Amazon Echo, ou Apple Homepod) qui vous espionne^W^W^W^W^W^W^W^W écoute en permanence [3] ;

– etc.

Vous êtes-vous déjà questionné sur l’impact de ces technologies ? L’empreinte carbone relative à la conservation des données et les multiples recherches est loin d’être nulle : les capacités de stockage et de traitement augmentent et requièrent de plus en plus de matériel qui devra être refroidi et entraînera une consommation énergétique supplémentaire. Alors, si vous utilisez ces services pour leur côté pratique puisqu’en tant que lecteur de GNU/Linux Magazine vous ne pouvez ignorer les risques liés à la confidentialité des données [4], pourquoi ne pas profiter des vacances pour faire un peu de ménage ? En seulement deux minutes j’ai par exemple éliminé environ 10 000 mails de pub qui dormaient bien sagement dans une boîte, correctement étiquetés « Pub ». En passant quelques minutes de plus on peut retrouver toutes les annonces de livraison, ou les mails de notification de diverses applications : l’occasion de créer de nouveaux filtres pour éliminer tous ces contenus qui n’ont aucune raison d’être archivés… et ne pas sombrer une fois de plus dans la facilité en utilisant des services de nettoyage (CleanFox, Unroll Me, etc.) qui auraient eux aussi accès à l’ensemble de vos données sous prétexte de supprimer les mails inutiles…

Et puis supprimer des mails sur des boîtes de type Gmail c’est retirer une source d’information sur vos activités (voir l’historique des achats en ligne conservé par Google sur https://myaccount.google.com/purchases). C’est les vacances ! Prenez un peu de temps pour faire le ménage… et lire votre Linux Mag ! Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouverai avec plaisir à la rentrée !

Tristan Colombo

[1] D’après de récentes études, il s’agirait d’empreintes laissées par des femmes préhistoriques : https://www.hominides.com/html/actualites/mains-prehistoire-realisees-par-des-femmes-0762.php

[2] Space Debris – NASA Headquarters : https://www.hq.nasa.gov/office/hqlibrary/pathfinders/debris.htm

[3] Amazon paie des employés pour écouter et analyser les conversations pour améliorer l’assistant vocal Alexa :  https://edition.cnn.com/2019/04/11/tech/amazon-alexa-listening/index.html

[4] On savait que Google analysait les mails, et certains résultats comme les achats effectués sont accessibles depuis votre compte : https://www.cnbc.com/2019/05/17/google-gmail-tracks-purchase-history-how-to-delete-it.html


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