L’édito de GNU/Linux Magazine n°218 !

Retour de vacances…

Le lundi matin, vous allumez votre ordinateur et les lignes défilent sous vos yeux : 117 mails non lus. Après deux semaines d’absence vous en avez reçu plus d’une centaine, des mails que vous traitez habituellement journalièrement et dont la lecture, le tri et éventuellement la réponse se diluent dans le temps consacré à vos autres tâches. Mais sur 117 mails, combien sont réellement intéressants ? Je me suis livré à une petite expérience et les chiffres suivants sont donc issus d’un cas concret. Je dispose de deux adresses professionnelles et une personnelle ; je ne me base ici que sur mon adresse tristan@gnulinuxmag.com pour laquelle j’ai de nombreux filtres actifs qui me permettent d’éliminer bon nombre d’indésirables, mais qui sont assez peu restrictifs de manière à limiter le risque de perte de messages importants.

Tout d’abord, sur ces 117 mails il y a ceux que j’ai identifiés immédiatement comme inutiles grâce à l’objet. Le temps de lire l’en-tête et de cocher le mail, il faut compter environ 4 secondes au départ puis rapidement on tourne autour de 6 à 8 secondes de peur d’effacer par inadvertance un mail important. Je compterai donc 6 secondes pour traiter un indésirable. Au final, il me reste 38 mails soit 79 indésirables et 474 secondes soit environ 8 minutes de « travail ». En temps normal, je parcours ces mails « au cas où ». Le temps de traitement est alors plutôt d’environ 14 secondes. Pour les 79 mails supprimés, j’aurais donc consacré en temps normal environ 18 minutes à les traiter… pour rien.

En projetant ce résultat sur mes deux autres adresses (qui contiennent à peu près autant de mails à mon retour), on arrive à 54 minutes soit 27 minutes par semaine. Sur 47 semaines de travail par an, cela représente un peu plus de 21h soit 2 jours et demi (pour les gens qui travaillent 35h par semaine). Beaucoup de temps perdu pour rien ! Quand on pense en plus que d’après Mike Berners-Lee dans « How bad are bananas ? The carbon footprint of everything » (2011), l’empreinte carbone d’un mail simple (sans pièce attachée) est de 4 g (l’ADEME a une évaluation plus importante), cela correspond à 7,5 kg de CO2… uniquement pour les mails indésirables que je reçois au cours d’une année !

Nous ne pouvons pas grand-chose pour réduire l’empreinte carbone de ces mails… par contre il faut faire un choix : risquer de perdre quelques mails et utiliser des filtres plus restrictifs ou perdre du temps… beaucoup de temps. Désormais, au vu de ces chiffres, mon choix est fait.

Et en parlant de temps, vous ne perdrez pas le vôtre en lisant ce numéro de GNU/Linux Magazine regorgeant comme à l’accoutumée d’informations diverses ! Bonne lecture !

Tristan Colombo


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