GNU/Linux Magazine n°186 : l’édito !

Nous utilisons tous quotidiennement des logiciels libres. Pour nous, la philosophie du libre est quelque chose de naturel, d’acquis et il nous semble invraisemblable que des gens puissent encore être totalement ignorants du « fonctionnement » du logiciel libre. Bien sûr, nous connaissons tous au moins un « windowsien » convaincu, aigri, qui « crachera » dès qu’il le peut sur tout ce qui peut se rapprocher de près ou de loin à du logiciel libre. Ces gens-là ne sont pas accessibles au raisonnement.

Plus grave : je me suis rendu compte que des personnes étaient réticentes à utiliser certains logiciels à cause de leur aspect

« gratuit ». Cette méfiance est légitime si l’on suit l’adage « si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ». Or nous ne parlons pas ici de logiciel gratuit, mais de logiciel libre ! Pour expliquer le fonctionnement de ces logiciels, on pourra utiliser la très bonne plaquette de l’APRIL intitulée « Le logiciel libre : comment ça marche ? », mais il restera sans doute une question… « Si le logiciel est gratuit, comment est-il financé ? Comment l’éditeur gagne-t-il sa vie ? ». J’avoue avoir pris cela pour une attaque la première fois que je me suis retrouvé confronté à cette interrogation dans un contexte professionnel. Pour moi, ce que sous-entendait cette question était qu’il y avait forcément une arnaque quelque part. Toutefois, à la réflexion, nous ne sommes peut-être plus en présence de notre « windowsien » aigri, mais seulement d’un utilisateur lambda qui n’a besoin de son ordinateur que pour lire et envoyer des courriers électroniques, pour naviguer sur Internet et pour accéder à un traitement de texte et un tableur ; un utilisateur qui prend la machine configurée par son administrateur système sans se poser de question et utilise ce qu’on lui donne. Dans ce cas, il est normal qu’il soit pétri de culture « Microsoftienne » (en fonction des orientations de son administrateur système, bien sûr…) et qu’il n’ait jamais reçu d’information sur le logiciel libre. Cette personne utiliserait son ordinateur à l’extérieur de son travail, cela ne serait pas une entrave. Le problème ici est le fait qu’au sein d’une entreprise, amenée éventuellement à travailler avec des éditeurs de logiciels libres, certains éléments ne comprendront pas, se montreront réticents et par là même bloquants pour toute collaboration. Comme on le dit chez Framasoft : « La route est longue, mais la voie est libre… ». Il reste encore du travail de sensibilisation à effectuer pour expliquer que « libre » n’est pas « gratuit » et qu’une entreprise peut tirer profit en libérant le code de certaines de ses applications développées en interne.

Ce nouveau numéro comporte de nombreux articles sur différentes technologies libres qui vous permettront d’élargir/consolider votre culture et d’aider la communauté à avancer. Chacun de nous à un rôle à jouer, si minime soit-il. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouverai le mois prochain  !

Tristan Colombo