«Delivering successful solutions requires giving people what they need, not what they want.» – Kurt Bittner
…ou, en bon français : « Fournir des solutions efficaces implique de donner aux gens ce dont ils ont besoin, non ce qu’ils demandent ». J’ai trouvé cette citation dans la signature du mail d’un des auteurs/contributeurs du magazine. Kurt Bittner, en tant qu’ex-stratège IBM, parle bien sûr de relations avec les clients. Mais cette sentence s’applique facilement à un grand nombre de domaines (sinon à tous ceux qui font intervenir le genre humain).
J’ai immédiatement fait le lien avec la manière de concevoir l’ergonomie d’un système d’exploitation et la manière de choisir les composants pour son système. Dans le monde du logiciel libre, les offres ne manquent pas pour satisfaire à la fois les besoins et les envies. La diversité est une force, mais cela peut également devenir un problème.
En tant qu’utilisateur, administrateur système ou professionnel, le même problème se pose finalement : quelle application/solution utiliser pour satisfaire ses/les besoins du moment ? On est facilement tenté d’utiliser la solution la plus réputée, la plus « jolie » ou la plus « tendance ». Mais remplit-elle son office ? Vraiment ? À long terme ?
La diversité est nécessaire et bénéfique, mais, pour que cette affirmation soit juste, cela implique que la personne (ou le processus, mais celui-ci est défini par des humains à un moment ou un autre) dispose de deux éléments importants :
- Les connaissances nécessaires pour faire le choix. Connaissances sur les besoins et sur les réponses qu’apporte une solution.
- Un détachement ou plutôt un recul indispensable pour distinguer quels points doivent déterminer le choix, à court terme, à moyen terme et à long terme.
Il est vrai que, dans un environnement restreint, ce genre de problèmes ne se pose pas. On utilise tout simplement les technologies, les outils et les protocoles imposés par l’éditeur, le package logiciel ou la société de service. La diversité offerte par le logiciel libre responsabilise l’utilisateur et le sysadmin contrairement aux solutions propriétaires. Il est de son ressort de faire le bon choix au bon moment.
Même en tant qu’utilisateur, cette responsabilité existe. Laisser un système propriétaire au bénéfice d’un GNU/Linux est, au-delà du switch vers « le libre », une affaire de choix : celui de la distribution. Plus tard, la question se pose à nouveau, en pensant à changer de distribution ou, même, à s’orienter vers d’autres systèmes, comme BSD. Évoluer dans le monde des Unix en logiciel libre revient finalement à reconnaître ses besoins et à les satisfaire, sans excuses, sans filet…
Je vous donne rendez-vous au 28 février prochain pour le numéro 114.
Denis Bodor
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