31 octobre 2008

Édito

Oh ! Papa, regarde le beau nuage !
Connaissez-vous le cloud computing ? Non ?!
Diantre, vous n’êtes pas hype, pas tendance, pas fashion du tout ! Corrigeons cela au plus vite.
Le cloud computing est un concept qui faire référence au monde des applications Web (2.0 de préférence).
Le cloud computing est une vision de l’univers informatique où, sous prétexte de louables intentions écologiques et économiques, les applications ne sont plus stockées et exécutées sur votre système, mais directement sur le net, quelque part, on ne sait où… Le tout accessible via un simple navigateur Web.
Mail, stockage, traitement de texte, bureau, messagerie instantanée… voilà déjà pas mal d’applications pratiques actuelles du cloud computing. Mais le concept va plus loin encore. Il s’agit purement et simplement de considérer le nuage internet comme sa machine. Tout cela est séduisant, saupoudré de mots comme économie d’énergie, scalabilité, mutualisation du matériel… Séduisant si l’on fait abstraction des concepts de vie privée et de liberté.
RMS à d’ores et déjà judicieusement tiré la sonnette d’alarme. Que se passera-t-il lorsque votre service Webmail deviendra payant ? Qu’adviendra-t-il de vos photos lorsque le serveur gérant vos albums sera piraté ? Que se passera-t-il lorsque votre beau bureau 3D Web 2.0 grouillera de publicités parce que le fournisseur du service aura changé sa politique marketing ? Et surtout, qui aura vraiment accès à vos données ?
Est-il nécessaire de rappeler qu’aujourd’hui la plupart des individus vivant dans un pays industrialisé n’existent pour le reste du monde que via les données qui les concernent et qu’ils gèrent ? Il n’est bien sûr pas question de revenir au courrier papier, pas plus qu’à la photo argentique, mais il faut comprendre que nos données font maintenant partie intégrante de nos vies privées. Il convient de les protéger et donc de ne pas les confier à n’importe qui, encore moins à tout le monde.
Le mouvement vers la mode du cloud computing est engagé (depuis longtemps) et même si, je l’avoue, je possède un compte d’appoint sur Gmail en plus de ceux que je gère moi-même, l’idée de voir se généraliser ce concept, au point de ne plus pouvoir sauvegarder mes données avec mbsync, n’a rien de réjouissant. Pas plus que d’imaginer l’utilisateur peu averti rendu prisonnier des services qu’il utilise sur le Web. Le monde de Gibson est fascinant, certes, tant qu’il reste dans ses romans. Un peu comme celui d’Orwell…
Sur ces belles paroles, je vous donne rendez-vous au 29 novembre pour le numéro 111 (tiens, voilà un numéro qui me plaît bien).

Denis Bodor

Dans Éditos |

Laisser un commentaire


*
Pour prouver que vous n'êtes pas un bot, recopiez le code ci-dessous
Anti-Spam Image