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Où va le Wifi communautaire ?
Les termes Fon et Fonera ne vous sont sans doute pas inconnus si vous êtes lecteur récurrent du magazine. Pour les autres, je rappellerais simplement que La Fonera est un petit routeur Wifi basé sur MIPS et fonctionnant avec un système GNU/Linux embarqué. Le système est un dérivé du projet OpenWrt. La Fonera est intéressante non seulement en raison du projet de Wifi communautaire Fon, mais également de par son architecture ouverte. Le successeur, appelé La Fonera+ propose quelques améliorations dont deux ports Ethernet (LAN + WAN).
Cependant, entre La Fonera et La Fonera+ il y a une autre différence : il semble y avoir une certaine volonté de la part de Fon de ne plus laisser autant d’ouverture aux hackers (au sens noble du terme). La Fonera+ ne dispose plus de shell sur la console série par défaut, le code du support 802.1Q du switch intégré est brouillon… Faire fonctionner OpenWrt Kamikaze 7.09 sur le routeur est une vraie galère, tout comme essayer de construire, puis d’installer manuellement le firmware Fon. Ceci ressemble fortement à ce que quelques constructeurs font : respecter les licences du logiciel libre au sens strict du terme. De nombreuses rumeurs circulent sur l’arrivée prochaine de La Fonera 2. Cette supposée « politique de fermeture » risque-t-elle de s’intensifier ? De s’installer ? Si oui, que va-t-il se passer ? Voici ma projection sur le sujet :
- Les hackers ne verront plus en La Fonera qu’un routeur pas cher pour installer OpenWrt ou autre, mais ne s’intéresseront plus à l’aspect communautaire Fon.
- Ils chercheront toujours à comprendre le fonctionnement du routeur, mais ne pourront/voudront pas corriger les bugs et failles.
- Il y aura moins de projets dérivés et donc moins de choses réutilisables par Fon.
- La communauté de développeurs OpenWrt abandonnera petit à petit le matériel.
- Fon finira par se donner une image peu reluisante auprès de la communauté des développeurs et des hackers.
Je pense que Fon devrait sérieusement étudier les répercutions des différentes politiques concernant l’ouverture des routeurs, d’autant plus sérieusement que le nom de Meraki revient de plus en plus souvent sur le Web et ailleurs. Le projet Meraki peut être vu comme un clone du Wifi communautaire initié par Fon, à une différence près : une volonté clairement affichée de laisser l’architecture la plus ouverte et la plus open source possible. Le motd est relativement explicite : « [...] We would like to encourage you to play with this platform and add your own features to it [...] »
Beaucoup de hackers ou de développeurs préfèrent actuellement La Fonera « classique » à La Fonera+. Si La Fonera 2 venait à être aussi « fermée » que la précédente génération, je pense que les développeurs se détourneraient de cette plate-forme au bénéfice de Meraki. L’incidence sur la communauté d’utilisateurs ne sera sans doute pas négligeable, car les développeurs dans ce type d’environnement sont clairement les leaders d’opinion.
Je vous donne rendez-vous, comme toujours, pour le prochain numéro qui sera chez votre marchand de journaux le 26 janvier.
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Où réside la force et la puissance d’un Unix ? Grosse question métaphysique ? Pas vraiment. Répondre à cette question revient, pour ma part, à me demander simplement pourquoi j’utilise GNU/Linux depuis plus de 10 ans.
Oubliez ce qui fait la popularité de GNU/Linux aujourd’hui. Oubliez GNU/Linux lui-même et reposez-vous la question.
Ce qui fait que GNU/Linux, *BSD, Solaris, GNU/Hurd et tant d’autres sont, pour beaucoup, LE système d’exploitation de rêve, ce ne sont pas les bureaux 3D, les fenêtres molles, du Gnome Network Manager ou des suites bureautiques clairement utilisables par tous. Tout ceci n’est que la partie aujourd’hui visible d’une force résidant dans des racines qui puisent une puissance phénoménale dans le tout début des années 70. C’est là que les noms de Ken Thompson, Brian Kernighan et Dennis Ritchie sont entrés dans la légende. C’est là que la force est née.
Ce qui fait la force d’un Unix, c’est son âme… sa philosophie.
Cette même philosophie déjà présente dans le premier BSD d’UCB et le premier System V d’AT&T est encore présente au cœur de votre GNU/Linux. Le meilleur moyen de l’approcher n’est pas une présentation de Compiz Fusion, de Gnome ou de KDE. Si vous voulez toucher le Saint Graal de l’informatique, la clef qui vous ouvrira les portes de la maîtrise du système, c’est par la ligne de commandes qu’il vous faudra passer. Là seulement, vous découvrirez ce qu’est l’ergonomie et la philosophie du système.
C’est ce que nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir dans les pages qui suivent. Il ne s’agit pas de remonter le temps, mais d’avoir une vision du présent au-delà des apparences, pour mieux bâtir votre futur d’utilisateur Unix.
Alors comprendrez-vous peut-être (je l’espère sincèrement) pourquoi beaucoup d’entre nous aiment leur terminal, pourquoi il nous paraît inconcevable d’utiliser autre chose qu’Irssi pour parler à nos pairs, pourquoi Mutt ou Gnus/Emacs valent cent fois Thunderbird et pourquoi Vim ou Emacs sont pour nous les seuls outils dignes d’éditer du code, de l’HTML ou des fichiers de configuration.
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