Compilation, installation et utilisation basique de vim 8 – Partie 1/2

Vim, l’éditeur de fichiers âgé de 25 ans cette année, peut être utilisé comme un véritable IDE [1] spécialisé. Je vous propose de découvrir cet éditeur dans sa dernière version.

J’utilise Vim de manière très basique depuis une bonne quinzaine d’années essentiellement pour éditer des fichiers de configuration ou de petits scripts shells. Depuis quelques semaines, j’ai découvert la véritable nature de Vim et son microcosme d’options de configuration et de plugins. Je l’utilise maintenant également pour écrire mes programmes en Python ou en C en profitant de fonctionnalités généralement intégrées dans des IDE spécialisés tels Bluefish, Geany ou KDevelop par exemple (pour ne pas parler d’Emacs ;-)). Dans cet article je vous propose de compiler sa dernière version, de l’installer et d’utiliser ses fonctionnalités de base.

1. Compilation et installation

Vim est certainement l’éditeur de fichiers textes qui se trouve en standard dans le plus grand nombre de distributions actuelles, cependant, à la date de rédaction de cet article, aucune d’entre elles ne fournit encore la version 8 qui est sortie le 12 septembre dernier.

Pour compiler Vim, il faut installer les dépendances et les outils qui nous serviront pour cela.

Sous Debian Jessie et dérivés :

Sous Centos 7 et dérivés :

Pour récupérer le code source de Vim, on peut utiliser le dépôt sur GitHub [2] (git – mon choix pour cet article) ou le dépôt sur Bitbucket [3] (mercurial).

À ce stade, il faut vérifier dans la sortie de la commande configure si le dossier de configuration de Python a été reconnu en regardant les tests liés à Python (ils sont localisés vers le début). Si les deux lignes suivantes sont présentes c’est que le script n’a pas réussi à le détecter tout seul :

Dans ce cas il faut lui indiquer explicitement le chemin en ajoutant une option au script configure comme suit.

Pour Debian : –with-python-config-dir=/usr/lib/python2.7/config-x86_64-linux-gnu.

Pour Centos : –with-python-config-dir=/usr/lib64/python2.7/config.

Pour déterminer le dossier du script de configuration de Python de votre système, vous pouvez utiliser la commande : python2.7-config –configdir.

Normalement les autres interpréteurs ont été pris en compte sans difficulté. Vim est compilé avec le maximum d’interpréteurs car il doit être capable de s’interfacer avec n’importe quel plugin que nous souhaiterions installer.

Par défaut cette installation se fera dans le dossier /usr/local/. Vous pouvez choisir un autre dossier en utilisant l’option –prefix=mon_dossiermon_dossier est un chemin absolu vers le dossier d’installation (par exemple /home/user/local) où user serait votre login. N’oubliez pas alors d’ajouter /home/user/local/bin dans la variable PATH (par exemple pour bash : export PATH= »/home/user/local/bin:${PATH}« ).

Si vous deviez exécuter plusieurs fois le script configure, vous pouvez utiliser la commande make distclean pour en nettoyer le cache et ainsi permettre la réexécution de tous les scripts du configure.

Il reste maintenant à compiler et installer le logiciel avec les deux commandes suivantes :

Si vous avez un ordinateur comportant plus d’un seul cœur vous pouvez utiliser l’option -j xx représente le nombre de cœurs qui seront utilisés pour compiler les sources.

Maintenant que Vim est compilé et installé, vous pouvez vérifier les options qui ont été incluses en lui demandant sa version :

Maintenant que nous l’avons installé, lançons Vim, sans argument, depuis un terminal afin d’obtenir un écran similaire à celui de la figure 1.

Fig. 1 : Exemple d’écran de démarrage de Vim. Sans mention d’un fichier sur la ligne de commande, Vim affiche sa version et quelques informations qui peuvent s’avérer utiles.

 

Pour quitter Vim tapez au clavier :q!. Il s’agit d’une commande (q – abréviation de « quit ») du mode « commande line » assortie d’un modificateur (!) qui indique à Vim de quitter même si le fichier modifié en cours d’édition n’est pas sauvegardé. Pour obtenir de l’aide tapez la commande :help. Dans le texte d’aide certains mots sont soit entourés de | soit d’une couleur spécifique (sur Debian et Centos il semble que par défaut cette couleur soit turquoise). Il s’agit de « liens » vers d’autres parties de la documentation. Pour suivre ces liens placez-vous sur l’un d’entre eux et tapez <Ctrl> + <]>. Pour revenir à votre position précédente vous pouvez utiliser <Ctrl> + <T> ou <Ctrl> + <O>. L’aide de Vim est très fournie et très détaillée, n’hésitez pas à la consulter.

Pour continuer la lecture de cet article, je vous conseille de copier un fichier texte et de l’ouvrir avec Vim afin d’essayer les commandes (vim monfichier.txt) au fur et à mesure.

Pour faire simple, dans Vim il existe 4 modes : le mode normal, le mode d’insertion, le mode visuel et le mode command-line. Les trois premiers modes sont utilisés pour éditer le texte tandis que le dernier est utilisé pour donner des ordres à Vim.

Les modes modifient le comportement des touches du clavier. Ainsi le mode d’édition permet l’écriture de tout caractère. Par exemple, on pourra écrire « :q ! » dans un fichier sans pour autant quitter vim !

Pour sortir des modes visuels, du mode d’édition et du mode « command line » il faut appuyer sur la touche <Esc> ou <Echap> de votre clavier. En sortant de ces modes, on revient systématiquement dans le mode normal que l’on peut voir comme un mode pivot.

Le mode normal permet de naviguer dans le fichier, de couper, copier, coller du texte, de passer en mode d’édition ou en mode visuel. Le mode visuel autorise la sélection fine d’éléments du texte de manière visuelle et permet également de couper, copier et coller les sélections.

2.1 Déplacements dans le mode normal

Le mode normal permet en premier lieu la navigation dans le fichier édité : les différentes flèches du clavier sont utilisables pour cela mais également les touches <h>, <j>, <k> et <l> qui permettent respectivement de déplacer le curseur à gauche, en bas, en haut et à droite (voir [4] pour une explication sur le choix de ces touches). Les fichiers textes que vous éditez ne sont pas qu’une suite de caractères pour Vim. En effet, il est possible d’utiliser les touches <w> et <e> pour, respectivement, se déplacer au début du prochain mot ou à la fin de celui-ci (<b> permet de reculer d’un mot).

<W> et <B> en majuscules déplacent le curseur jusqu’au prochain ou précédent espace. C’est utile pour les mots pouvant contenir des apostrophes par exemple.

Pour aller au début de la ligne on utilisera la touche <^> et pour aller à la fin de la ligne plutôt <$> ainsi les amateurs d’expressions rationnelles ne seront pas perdus ! Les touches/caractères <{> et <}> permettent de se déplacer au début et à la fin d’un paragraphe. Les touches <H>, <M> et <L> permettent respectivement de positionner le curseur en haut de la fenêtre, au milieu de la fenêtre et en bas de la fenêtre. Pour avancer de n lignes tapez le nombre n au clavier puis la touche « Entrée ». <Ctrl> + <E> et <Ctrl> + <Y> permettent respectivement de descendre et monter la fenêtre comme on le ferait dans un éditeur graphique avec la souris et la barre de défilement. Enfin, pour vous déplacer à la dernière ligne de votre fichier tapez <G> et pour revenir au début du fichier tapez gg (<g> deux fois – notons que l’on peut revenir à sa position d’origine en tapant <Ctrl> + <O>).

On peut adjoindre un nombre avant d’indiquer un déplacement ou une commande. Par exemple si l’on tape 12w, le curseur avance de 12 mots, 3}, le curseur se place au début du troisième paragraphe suivant. Si l’on tape 7dd, on coupe la ligne sur laquelle se trouve le curseur et les 6 lignes suivantes.

Olivier Delhomme
[Développeur de logiciels libres pour mon loisir]

La seconde partie de cet article sera publiée prochainement sur le blog, restez connectés 😉

Retrouvez cet article (et bien d’autres) dans GNU/Linux Magazine n°200, disponible sur la boutique et sur la plateforme de lecture en ligne Connect !

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